Le mot « chamanisme » dérive du mot « saman » d’origine toungouse (Sibérie). Les chamans ou chamanes sont les hommes-médecine ou guérisseurs des sociétés traditionnelles. Ce sont eux qui maintiennent l’équilibre spirituel et social de leur communauté.

Les mots « chamanisme » et « chaman » sont aujourd’hui utilisés de manière générale, mais de nombreuses autres dénominations se rencontrent dans les cultures chamaniques traditionnelles : pajé dans le bassin amazonien, mara’akáme chez les Indiens Huichols du Mexique, curandero/a chez de nombreuses peuplades d’Amérique Centrale, etc. L’utilisation généralisée du mot « chaman » est justifiée par le fait que la plupart des peuples où des chamans officient sont des descendants des premières cultures chamaniques du Grand-Nord Eurasien, qui se sont déplacées au cours de l’Histoire, ont traversé le Détroit de Béring et ont ensuite colonisé les Amériques, des siècles avant l’apparition de l’« homme blanc ».  

Certains anthropologues pensent que le chamanisme est aussi vieux que l’humanité : il s’agirait du plus ancien corpus de pratiques rituelles dans lequel le chaman accède, par diverses techniques, à l’outre-monde ou monde des esprits. En ayant accès à cette réalité, le chaman peut « voir » le mal dont souffre le patient et entreprendre un travail de guérison spirituelle et physique en profondeur. Il peut, par exemple aller récupérer des bouts d’âme que son patient a perdus durant sa vie ou encore extraire des intrusions énergétiques pouvant causer des problèmes chroniques ou un mal de vivre inexplicable.

Toutes les sociétés humaines ont été, à un moment ou à un autre de leur histoire, des sociétés chamaniques. Le chamanisme n’est donc pas un phénomène local limité dans le temps : il est présent partout sur Terre et est extrêmement ancien. Avant l’apparition de l’écriture, des religions monothéistes et de la science moderne, les chamans étaient les gardiens du savoir et du sacré. Ils personnifiaient le lien intime qui lie l’homme à la nature et s’occupaient de maintenir le subtil équilibre permettant la survie des sociétés archaïques dans leur environnement. 

Au 20e siècle, la disparition accélérée des sociétés chamaniques traditionnelles et la nécessité de sauvegarder des pratiques en danger d’extinction a amorcé un retour de la pratique chamanique en Occident. C’est un retour aux sources, une réappropriation d’une partie de notre patrimoine culturel qui a survécu à des siècles de répression.